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Eté 2011 Serge : la générosité version XXL Comment évoquer l'Amicale sans parler de Serge, son président depuis plus de 20 ans ? Généreux dans l'âme, marqué par le handicap dès son plus jeune âge, nous allons découvrir, durant deux mois consécutifs le portrait de cet homme qui, d'ordinaire pudique, s'est confié à l'occasion de ce portrait, le dernier d'une série de plus de deux ans. Serge est le quatrième d'une famille nombreuse de neuf enfants. Né à Ronchin en 1951, il y passe la plus grande partie de sa jeunesse, entre un cinéma de quartier et une institution de sourds et muets, dans laquelle il apporte son aide, dès le plus jeune âge. Depuis, le handicap lui a toujours imposé sa présence, d'une façon ou d'une autre. Et d'abord par une jeune soeur, Charline, atteinte de scoliose, qui ne pouvait dormir sans un corset, et admise en long séjour à Berck sur mer. Serge se souvient avec nostalgie de l'arbre de Noël chez l'employeur de son père. Chaque enfant y recevait un jouet, même les plus nécessiteux. « Et j'estime qu'aujourd'hui, chaque enfant peut prétendre à un cadeau, si petit soit-il, à l'occasion de Noël », plaide t-il. Dès l'âge de 13 ans, Serge entre à la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne). « C'était ma première expérience avec le monde associatif » explique t-il. C'est dans cet environnement qu'il a appris le militantisme. Les grandes grèves de 1968 ont donné l'occasion à notre président de s'investir dans le syndicalisme. « Comme il n'y avait pas de délégué, je me suis proposé » poursuit-il. En 1971, appelé sous les drapeaux, il abandonne la JOC. C'est dans l'infanterie de marine, à Sissonne (Aisne), qu'il effectuera son service militaire. Pourtant, il n'a pas été pris au sérieux lorsqu'il a annoncé sa pointure : 49 ! « J'ai été exempté de tout parce qu'il n'y avait pas de chaussure à ma taille » avoue t-il. C'est ainsi que notre militaire s'est retrouvé chauffeur de madame la colonnelle, et il se souvient encore du trajet marquant, qui l'a emmené à Lourdes, à l'occasion d'un pélerinage international militaire. Puis, c'est le temps du premier emploi. A cette époque, une expérience marquera Serge à tout jamais : en rentrant de son travail, il voit sa maman en pleurs. Charline, sa jeune soeur avait besoin d'un nouveau corset, plus confortable pour marcher. Pour le financer, le père de Serge demande une avance à son patron. Le papa est très courageux : chauffeur de chaudières chez Wallard la nuit, il déchargeait les camions aux halles, le jour, pour nourrir sa famille correctement. Mais le patron refuse catégoriquement la demande de son employé. « Je trouvais injuste qu'un patron ait pu refuser cette demande », explique Serge. « J'ai donc moi-même demandé une avance à mon patron. Ce dernier ayant accepté, j'ai pu avancer l'argent du corset à ma mère ». Au cours de cette période, la famille passe ses vacances près de Charline, à Berck. Et comme le premier métier du père était boulanger, il a travaillé, sur ses vacances, avec deux de ses fils, pour financer la location de la villa, à Berck. Quelques années passent, et Serge fait la connaissance de la femme de sa vie : Françoise. Le handicap, là encore, s'est présenté au futur marié, par l'intermédiaire de certains des enfants de Françoise. Cela n'a pas empêché ce nouveau couple d'élever vingt enfants. Serge raconte : « Nous avons emménagé à Fives jusqu'en 1977. Puis, nous nous sommes installés à Faches Thumesnil, aux Cinq Bonniers. Et c'est en 2005 que nous sommes arrivés dans la maison que nous occupons toujours actuellement. ». Durant cette période, Serge avait en charge des responsabilités au Collectif Tiers Monde, et au Secours Populaire de Faches. C'est grâce à cette dernière qu'un projet de construction d'école au Burkina Faso a pu aboutir. L'année 1977 marque un tournant important dans la vie de notre président. Puisque c'est cette année là qu'il entre à l'amicale, sur la demande de Monsieur Eugène Reignier, premier adjoint au maire, pour un an... « A cette époque », se souvient le futur président, « il n'y avait pas de local, pas d'activité. Une réunion bimestrielle se tenait pour mettre en place l'arbre de Noël ». Serge est rapidement élu vice-président. Après quelques années, en 1988, pour aider les parents et les handicapés à trouver des solutions à leurs problèmes, il se retrouve élu au plus haut poste, qu'il occupe toujours. « Quand j'ai pris la présidence, j'ai voulu du changement » précise l'élu. Et de poursuivre : « Philippe HAGE, trésorier, Mme Gosselin, et Mme Poix m'ont aidé dans la recherche d'un local ». Or, à cette date, le cimetière de Faches est déplacé. Après un seat-in à la mairie de Faches, le local du marbrier, fraichement libéré, deviendra le futur local de l'association. L'inauguration se fait en présence de Monsieur Laigniel, conseiller général, ancien maire de la ville voisine de Ronchin. Pour autant, le combat se poursuit, pour améliorer le bâtiment et son accès. Jour après jour, mois après mois, année après année, l'association se construit, s'organise. Serge, à travers sa présence et son dévouement, développe les activités. Aujourd'hui, il se dit fier de faire des sorties avec les « jeunes ». Voilà une belle revanche sur le handicap. « Le rôle d'un président, c'est de taper dans les murs du département et de l'état » explique Serge. « Si on écoute la presse, on pense que les handicapés sont aidés » poursuit-il. « Or, en France, contrairement à d'autres pays proches, on manque d'établissements, de foyers de vie ; bref, d'infrastructures. Et les difficultés s'accentuent lorsque les parents prennent de l'âge ». Et d'ajouter « Une maman protège ses enfants, mais quand il s'agit d'handicapés, elle les surprotège ». Le souhait de Serge pour l'avenir, c'est que l'Amicale fonctionne toujours mieux, en essayant de trouver un local plus adapté et plus grand. L'appel est lancé à Monsieur le Maire. « L'Amicale vit depuis 30 ans », constate t-il « j'aimerais qu'elle vive encore au moins 30 ans ! ». Plus personnellement, Serge souhaite trouver le plus rapidement possible un successeur. Non pas pour devenir inactif, mais pour « donner un coup de main à ceux qui en ont besoin, et pourquoi pas, s'occuper de la maltraitance des animaux. ». Et de conclure « consacrer ma retraite à mes dix sept petits enfants ». Après une vie de générosité, consacrée au handicap, espérons que ce dernier souhait lui soit exaucé. _____________________________________________ ______________________________________________________ |
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| © 2012 Christophe Deprick |