Juin 2010   

Grégory, 1m95 de gentillesse

La carrure impressionnante de Grégory lui a valu le surnom de « grand Grégory » à l'Amicale. Mais ne vous laissez pas impressionner par ce mètre quatre vingt dix de gentillesse, toujours prêt à rendre service.

Grégory a goûté à l'Amicale à l'occasion du repas traditionnel du mois de mars, il y a de cela quelques années. Sa maman l'avait alors accompagné. Et depuis, il attend avec impatience chaque samedi après-midi. Il faut préciser que côté ambiance, Grégory sait s'amuser et amuser aussi. Comme beaucoup d'habitués du local, il apprécie les activités manuelles, mais surtout la musique et la danse, pour lesquelles il montre un sens inné du rythme.

Pour comprendre le regard mystérieux qui traverse ses lunettes rectangulaires, il faut remonter à l'enfance de Grégory. Né il y a 32 ans, c'est à l'âge de 9 mois, et après 3 semaines d'hospitalisation, qu'un retard psychomoteur a été détecté, sans doute dû à une piqüre de morphine administrée à la naissance, à cause de sa température, trop faible qui l'empêchait de se nourrir normalement. Et même si Grégory nécessitait une attention particulière, la morphine n'était pas adaptée, provoquant des lésions irréversibles dans le lobe de la parole. Scolarié très jeune, c'est à 6 ans que Grégory a été admis en IME (institut médico éducatif), jusqu'à 17 ans. En attendant une place dans une structure adaptée, en accueil de jour, où il est actuellement, notre adhérent est resté quelques mois chez sa mère. Celle-ci a sacrifié son travail, pour s'occuper de son fils, sinon promis à un placement certain.

La famille de Grégory se réduit à sa maman, avec qui il partage un appartement, proche de Faches Thumesnil. Cette dernière élève seule son fils, depuis le départ du père, à sa communion. Et elle ne compte plus sur ses trois frères, dont deux ne donnent plus de nouvelles, et le troisième est malheureusement décédé. Heureusement, quelques amis du quartier, soutiennent la petite famille. L'autonomie de Grégory, espérée par sa maman, pourrait ne pas être un vain mot. « Grace au contact des autres, il parle mieux qu'avant » confie t-elle. « De plus en plus, il se rend seul dans des commerces ». Et d'ajouter : « il est autonome dans un environnement qu'il connaît, sinon, il a besoin de quelqu'un ». La grande difficulté reste pour Grégory de se faire comprendre, car les mots qu'il prononce sont hachurés.

Mais Grégory est toujours prêt à rendre service : il aide à la plonge, le samedi. Et de part sa carrure, la cuisine du local paraît encore plus exigüe. Mais méfiez-vous de lui, car il est aussi capable de prendre sa place dans votre coeur.

______________________________________________________

Archives Juin 2010
© 2010 Christophe Deprick
Mentions légales     Agenda     Faire un don     Faches-Thumesnil     Nous contacter      Adhérer
Partager
Commentaires (cliquer)